Voter.

Voter.

Comme acte défini à la limite, comme acte d’un individu en quête de citoyenneté, comme in individu en quête du « être citoyen ».

I

Pour Richelet (1680) voter c’est « donner sa voix au chapitre », le chapitre des couvents. En latin médiéval le chapitre désigne la réunion de chanoines au début de laquelle on lisait un chapitre de la règle commune ayant traversé l’histoire. Voter est donc transcender son histoire personnelle pour participer à l’histoire d’une communauté considérée comme source de toute légitimité, (pour le chanoine : l’église sacralisée de source extrahumaine, pour le citoyen : la cité idéale comme horizon d’un peuple de l’humanité.).

Voter présuppose donc la reconnaissance par les individus-citoyens d’une instance se maintenant dans la durée, ainsi la permanence d’une communauté obéissant aux mêmes règles.

(Règles canoniques d’une église avec sa communauté, règles d’une constitution écrite ou non avec sa communauté peuple, règles d’une république constitutionnelle avec sa communauté-peuple…chaque communauté s’inscrivant dans une histoire plus ou moins objective).

Sous cet angle voter oblige l’individu à se définir comme citoyen membre d’une communauté, comme membre d’une « république », et non comme membre d’un système économique définissant l’individu comme agent économique producteur ou consommateur.

Voter oblige à considérer comme seul bien commun à tous la « république »  et le « être citoyen » un des fondements de cette « république ».

La difficulté dans une république où le principal des soucis légitimes des « individus-citoyens » est de s’intégrer dans un système de production et de consommation où la question de la reconnaissance socioéconomique devient trop souvent le principal de l’existence défini par le seul travail à valeur économique sous l’autorité de sa valeur financière.

Pour voter il faut savoir passer d’un regard enfermé dans le quotidien dirigé par la nécessité économique et donc prisonnier des besoins trop souvent prédéfinis par la marchandisation imposée par le court terme pour élever ce regard vers l’horizon de la citoyenneté et de la république (La chose publique ou l’Etat), regard sous l’autorité de la raison et de ses usages (le rationnel et le raisonnable) et non pas sous l’autorité des besoins.

Voter nous pousse à une humanisation se réalisant dans l’histoire des fins de l’histoire. Le désir se réoriente alors vers une réappropriation ce qui fait l’humanité de chacun commune à tous.

André J.G Le Fur

II

A suivre : Voter d’un point de vue pragmatique.

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